Pensées quotidiennes d'une jeune fille face aux adversités de sa vie.
Ton regard, dard délicieusement venimeux. Allergie? réaction épidermique, pouls irrégulier qui ma foi révèle mon trouble. C'est grave docteur? Faut m'faire le bouche à bouche, j'ai le souffle court. Qu'est-ce que c'est que cette lumière aveuglante qui...
Ce n’est pas un amour de tous les jours vous savez, C’est pas un simple amour, un amour qui va à toutes les paires de coeur, essayez de comprendre. Moi, petit vers tout entortillé de timidité je regarde la lumière de votre étoile et je me sens si petite,...
A la seule pensée de te perdre mes cheveux s'défrisent, ma permanente en prend un coup, ma couleur s'affadit et mes pointes fourchent; j'ai les ongles qui s'dédoublent, le sang qui s'anémise et les veines qui s'varicent; j'ai la ride du désespoir qui...
Louve couchée sur le flanc, je suis. Agonisante, se poissant dans son sang, écoutant la vie quitter à petits flots son corps et qui dans un dernier soubresaut te regarde en t’implorant un dernier sourire, un autre regard, moins animal, moins carnassier,...
Une bonne femme, une vraie, avec dans la valse de ses hormones ses variations d'humeur et ses variations de poids, qui trouve ses seins trop petits et ses fesses trop grosses, qui s'trouve des trop en pagaille et des pas assez en vrac; une femme sans...
Parce que la vie est un suc épais j'exige de m'en gorger les veines au risque d'un caillot fatal. Se contenter de l'allégé insipide parce que toute grandeur ne peut se contenir ou être contenue, quelle triste sagesse... Je connais la fin morbide de toutes...
J'voudrais les bruits atténués d'un matin enneigé, Là, maintenant, tout de suite Au fond d'une forêt jurassienne, des mains gelées autour d'un verre de vin chaud, une paire de ski de fond, un nez rougi et le regard protecteur de mon chien. J'voudrais...
J’ai volé un instant de toi à ton insu. Lorsque par je ne sais par quel hasard mon regard s’est posé sur ta silhouette lointaine, je t'ai observé. Je n’arrivais pas à détacher mes yeux des tiens. Il y avait un décalage entre leur fragilité et la dureté...
Votre mère est fière et conne mes fils.... Jamais mal, toujours debout, même pas tombée, surtout pas à genou. Juste un peu cabossée, mais quoi?! quelques éraflures, rien de bien sérieux, même pas besoin de constats, quelques séances de psy auront fait...
Je descends au fond du trou, là ou ne règne aucune forme de vie, où le vide est vide. Je descends, j’entame la descente et quand je touche le fond, l'anesthésie opère, y a plus rien, je ne suis plus rien, je suis le néant, je ne sens plus rien, plus de...
j'voudrais rester au lit et dormir, entrer dans une longue léthargie et oublier ce corps et sa féroce en vie de se détruire, oublier ce trou béant qui crie son vide. Oublier et ne plus chercher à combler ce qui ne peut l' être, se dire avec force qu'il...
L'etreinte visqueuse des viscères me projette dans la quatrième dimension où plus rien ne correspond à rien. Je deviens poupée chiffon et souvent la toile cède sous les tiraillements incessants de cette existence, je perçois les déchirements de ma propre...
Echec et mat. J'ai perdu la partie. J'ai vécu ta mort en direct. Il y a en moi un tel point d'interrogation que j'étouffe. Je ne sais plus. Prendre de la distance, voir de loin, positionner ses pions avec plus de stratégie, faire en sorte de se protéger....
Etres insaisissables? Mais sais-je saisir? Mes mains sont maladroites et lâchent ou lâches. Devant l'immensité de la minute je deviens agoraphobe. Etendue sur ce lit glacé j'attends avec anxiété l'oubli du sommeil, j'espère quelqu'un qui frapperait à...
Venir au monde! pourquoi ce spermatozoide enragé a-t'il violé le tranquille ovule? Pourquoi ces divisions de cellules qui allaient devenir un nouveau-né transi de froid, agressé par la lumière, suspendu, arraché au silence paisible d'un monde acquatique?...
Après quelques flutes, le son imaginaire de mandolines endiablées me donne la fièvre, puis elles se calment et sérénadent langoureusement evoilà mon ventre transperçé. A la rambarde du regard fier d'un aieul sur une photo jaunie je m'agrippe. Racines....
Ne plus penser. Ne plus panser. Enlever le garrot et se déverser lamentablement ou alors devenir plante, se trouver un pot et chlorophyliser. Se placer près d'une fenêtre et regarder les gens s'empêtrer. Aucune palpitation, aucune émotion, juste la sève...
Ce ne sont que des tours, tours de passe-passe, tours de principes, même pas la curiosité de goûter le monde après le couvre-feu. C'est écrit, j'ai compris: accepter les ornières, suivre les rigoles et les odeurs d'égouts. J'ai hurlé aujourd'hui cette...
Les soirs de fatigue elle imaginait des lèvres ourlées, des lèvres qui l’hypnotiseraient par leurs gracieux mouvements, des lèvres d’où sortiraient des mots magiques qui mis bout à bout formeraient des récits de voyages. « Racontez-moi, leur supplierait-elle...
La grande peur de sa vie était de la rater, de vieillir et de ne se retourner que sur un passé de déplaisirs. Elle voyait les autres aimer timidement, frileusement, petitement, elle les voyait entrer dans la vie bardés d’assurances, les œufs dispersés...
Elle savait qu’elle avait les yeux de son père dans la colère, tous ses fulminants éclairs, ses tonitruants tonnerres ; elle savait que face à la douloureuse humiliation elle voyait s’abattre devant ses yeux la cape rouge du torero, aussi rouge que le...
Son père. Un homme. Une touffe d’herbes jetée sur un amas de rocailles sans plus aucun espoir de racine. Une odeur mystérieuse mêlée de tabac. Un visage particulier à la moustache toujours taillée avec soin. Une vie de sacrifices, des mains calleuses...
Sa vie est pleine d’ombres et de silences C’est une grotte amplifiant quelques cris Ceux qu’elle ne peut étouffer Dans l’immensité caverneuse de la nuit Elle la fuit, elle s’enfouit Amnésie du passé, du futur De fils en aiguilles elle s’oublie Mais tout...
Aux derniers baisers. Aux prochaines retrouvailles. Aux déchirements des mains qui se défont. Aux mouchoirs toujours bien repassés qui sortent de leur poche pour un ultime au revoir. Malédiction de l’émigration. Arraché au ventre de sa mère, arraché à...
Aucune paix, brefs instants de répit à l’amer goût de provisoire. Sa vie est un tel chaos, une telle chute dans les abîmes. Sa vie c’est un merdier, c’est un foutoir, une chierie, c’est une rue louche, un café sans sucre, un gitan sans guitare, une gare...