Etres insaisissables? Mais sais-je saisir? Mes mains sont maladroites et lâchent ou lâches. Devant l'immensité de la minute je deviens agoraphobe. Etendue sur ce lit glacé j'attends avec anxiété l'oubli du sommeil, j'espère quelqu'un qui frapperait à ma porte mais le silence me regarde et sourit ironiquement... Ah merde! quelque chose de doux, d'attentionné, un geste pour me prouver que j'existe, est-ce si difficile?! Corps méprisé, laissé en friche, un peu comme si le soupçon de la mort regnait autour de lui et que plus personne ne s'en approcherait par superstition. Il se meurt ce corps, il a besoin de vibrer, de s'affoler, il a besoin de concret, de vraies caresses, lourdes, lentes, longues et langoureuses, juste histoire de vérifier que je suis toujours en vie, le sentir vivant, le sentir vibrer, redécouvrir la chair de poule, ce frémissement de l'épiderme, annonciateur d'un amoureux orage orgasmique, d'une délivrante averse.